Je pleure avec amertume aujourd'hui, comme hier je le fis,

La trahison des français qui sévit en mon si beau pays.....

Mes larmes sont si nombreuses depuis que bergère ils me dirent
Qu'elles noyèrent le bucher que jamais pour moi n'établirent !

L'art du mensonge politique, qui consiste à convaincre la multitude
Et de lui faire accroire des faussetés salutaires pour établir sa servitude,
Prend racine souvent sur la sainte foi, et dans le cœur du vraisemblable
Mais dévaste à tout jamais les âmes par des illusions irresponsables.

Oui, vous m'avez trahie en me faisant bergère
Pour alimenter vos pouvoirs et vos chimères !

J'étais fille de la reine Isabeau de Bavière,
Cette reine qu'à paris, vous vîntes chercher aux barrières.

Elle apportait la jeunesse, elle apportait la joie.
Dans son palais, l'attendait Charles VI, votre roi.

Jean sans peur et vos rivalités de clans ont favorisé les anglais,
Tout comme aujourd'hui ceux qui ont pris vos palais
Réservent leurs faveurs à vos propres ennemis,
Trahissent, détruisent sans traites votre cher pays.

On vous a fait accroire que j'étais illettrée et débile
Et pourtant de la cour, je n'ai jamais été servile.

Comment l'aurais-je pu, qui étais fille de reine
Et que l'on a mené en ce coin de lorraine,
Juste à la frontière de la liberté et de l'occupation
Pour apporter au pouvoir toutes les informations
Circulant entre la bourgogne et le duché de bar
Dont paris était privé, malgré le nombre de mouchards ?

Oui, vous m'avez trahie pour bien mieux me défaire,
Vous moquant de ma foi et de mes gens de guerre,
De mon amour pour un pays malheureux
Que pillaient nombre de compagnies de gueux.

Ma bannière brillait immaculée au soleil,
Elle vous a bousculé, elle a sonné votre réveil !

Tout comme aujourd'hui, vous dormiez, confiants,
Surs que vos ennemis avaient l'esprit pacifiant.

Oui, vous m'avez trahie en me déclarant sainte
Quand il fallut envoyer au combat, sous contrainte,
De nouveaux français que vous avez aussi trompés
En témoignant de mon nom pour mieux les abuser.

Par le pouvoir spirituel que vous accaparez,
Par le pouvoir temporel que vous vous appropriez,
Vous les illustres penseurs, vous mentirez encore,
Vous les marchands du temple, vous tricherez encore !

Sonja G

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Statue de Maxime Louis Camille Real del Sarte

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