L'appétit de gloire et d'honneur habite bien des hommes qui prétendent au pouvoir, mais ce pouvoir ne relève pas de l'ambition, c'est un métier, sinon il est disposé au compromis jusqu'à la lâcheté et pour ne pas pactiser avec la médiocrité il faut se souvenir que le principe premier est celui qui se base sur la notion de bien, à savoir qu’il faut faire et rechercher le bien et éviter le mal. Tel est le premier précepte de de la science politique . La civilisation occidentale est fondée sur un petit nombre de principes qui donnent à la vie humaine son sens et sa valeur. C'est ce qu'il importe de rappeler après deux siècles de terribles vicissitudes, et alors que l'homme occidental est attaqué de toutes parts, il n'est peut-être pas mauvais de se remettre en mémoire quelle est la véritable noblesse de l'homme. Le premier principe est celui de la dignité de l'homme comme tel, une fois reconnu ce qu'est l'être humain dans son essence même. De ce principe résultent les deux autres. L'homme ayant été reconnu dans ce qui le constitue essentiellement, il se doit de se respecter lui-même, de ne pas s'abaisser à ses propres yeux. Demander le respect implique, par avance, d'être respectable. Dans Antigone, Sophocle met face à face l'immanence et la transcendance mais si les Grecs ont nourri en leur sein la démocratie, ils n'en appellent pas moins à la dimension universelle des dieux que contient le pouvoir pour diriger la cité. « Le bon et le méchant ne sont pas égaux en matière de droits », affirme Créon.

À quoi Antigone lui réplique : « Je ne pense pas que tes décrets soient assez forts pour que toi, mortel, tu puisses passer outre aux lois non écrites et immuables des dieux. " Les tyrans archaïques ont su s'imposer en profitant habilement de graves conflits sociaux et politiques survenus dans leur cité ; les mesures assez brutales qu'ils ont prises contre leurs rivaux de l'aristocratie ont souvent eu pour effet de rendre possible, après leur chute, des régimes plus "démocratiques" mais ils ont toujours été pris dans les « mâchoires de la machine infernale » dépourvue de l'onction suprême. Car, quoi qu'ils fassent, l'homme n'est pas qu'un objet, s'il a été créé avec deux pieds bien ancrés dans la Terre qu'il croit dominer, il a été nanti de deux yeux levés en permanence vers le Ciel. Créon est un personnage qui, comme tout bon dictateur, prône l’ordre, mais assume ses responsabilités en consentant par nécessité à devenir roi et qui aliène sa liberté aux exigences du pouvoir. Il n'a donc plus pour horizon que la justice humaine limitée par ce pouvoir temporel : il s'est fossilisé dans les "interdits de la politique" et a oublié la loi supérieure non écrite qui procède de l'Art suprême, celui qui s'apprend et se transmet avec la maîtrise acquise au long des siècles, des années et même de l'Eternité ! On ne cultive pas cet art suprême que devrait être la Politique sur les bancs d'une école, fut-elle-prestigieuse, et jamais un président soumis aux critères serviles de l'électoralisme n'aura l'envergure d'un prince préparé depuis l'enfance à son "métier de roi". Tous les faiseurs de rêves factices, tous les marchands du temple républicain veulent oublier que la dignité humaine se situe dans une connaissance aimante de Dieu....qui nous permet, écrit Saint-Thomas d'accomplir notre mission de créature. Notre vertu étant de faire sortir de l'homme ce qu'il y a de meilleur en lui, c'est ce qu'on nomme l'IMMANENCE et par là-même de comprendre qu'une entité inconnue nous précède et nous dépasse qui nous a donné la responsabilité du monde qui nous entoure, de la création et de l'humanité entière et c'est ce que l'on nomme LA TRANSCENDANCE. Nous sommes les gardiens de nos frères(Gn, 4,9). L’intellect ou la capacité de connaissance de Dieu a donc bien un lien étroit avec la part éthique de l’homme Bien vivre consiste à bien agir.

Or pour bien agir, il faut faire le bon choix.

A BON ENTENDEUR, salut !

Sonja G.

 

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